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Auto-entrepreneur au Maroc 2026 : régime fiscal, taux et obligations

Le régime de l'auto-entrepreneur simplifie radicalement l'imposition d'une activité individuelle : pas de comptabilité à tenir, pas de charges à justifier, un taux forfaitaire appliqué directement au chiffre d'affaires encaissé. Cette page présente les conditions d'accès, les taux applicables et les pièges les plus fréquents — le simulateur auto-entrepreneur calcule votre impôt exact en tenant compte des trois éléments qui composent le total dû.

Qui peut bénéficier du régime ?

Le régime est ouvert aux personnes physiques exerçant une activité à titre individuel, sous réserve d'inscription au registre national de l'auto-entrepreneur. Certaines professions réglementées — celles qui relèvent d'un ordre professionnel ou d'une réglementation propre — en sont exclues.

Quels sont les plafonds de chiffre d'affaires ?

Plafonds annuels de chiffre d'affaires encaissé — art. 42 bis du CGI.
ActivitéPlafond annuel
Commerce, industrie, artisanat500 000 DH
Prestations de services200 000 DH

Un dépassement isolé ne fait pas perdre le régime. C'est sa répétition sur deux années consécutives qui entraîne le basculement au régime du résultat net réel, à compter du 1er janvier de l'année suivante (art. 42 ter du CGI).

Quel taux d'imposition ?

L'assiette est le chiffre d'affaires encaissé — ce qui a été réellement perçu dans l'année, pas ce qui a été facturé — sans déduction de charges (art. 73-III du CGI) :

Taux forfaitaires selon l'activité — art. 73-III du CGI.
ActivitéTaux
Commerce, industrie, artisanat0,5 %
Prestations de services1 %

Comment calculer l'impôt ?

Le total dû combine trois éléments distincts, souvent confondus :

  1. l'impôt forfaitaire, assis sur le chiffre d'affaires encaissé (0,5 % ou 1 %) ;
  2. le droit complémentaire, un montant fixe qui s'ajoute selon la tranche dans laquelle tombe l'impôt forfaitaire (art. 73-II-B-6° du CGI) — de 1 200 DH par an pour la première tranche à 14 400 DH pour la dernière ;
  3. le cas échéant, la retenue à la source de 30 % sur la part facturée à un même client au-delà de 80 000 DH (voir ci-dessous).

Le droit complémentaire pèse relativement plus lourd sur un petit chiffre d'affaires : sur les premiers dirhams encaissés, il peut représenter l'essentiel du montant dû, alors que le taux nominal n'est que de 0,5 % ou 1 %.

Retenue à la source : le seuil de 80 000 DH par client

Pour les prestations de services uniquement, lorsqu'un même client verse plus de 80 000 DH sur l'année, la part excédentaire subit une retenue à la source de 30 %, opérée directement par le client, qui la reverse au Trésor (art. 73-II-G-8° du CGI, note circulaire n°733 relative à la loi de finances 2023). Cette part sort de la base soumise au taux forfaitaire : le même dirham n'est jamais imposé deux fois. Le seuil s'apprécie client par client, pas sur le chiffre d'affaires total.

Exemple chiffré

Un prestataire de services encaisse 170 000 DH sur l'année, dont 95 000 DH auprès d'un même client :

Décomposition : 170 000 DH de prestations de services, dont 95 000 DH pour un même client.
Part au-delà de 80 000 DH chez ce client15 000 DH
Retenue à la source 30 % de 15 0004 500 DH
Base soumise au taux forfaitaire 170 000 − 15 000155 000 DH
Impôt forfaitaire 1 % de 155 0001 550 DH
Droit complémentaire annuel2 280 DH
Total sur l'année8 330 DH

Sur ce total, 4 500 DH ont déjà été prélevés par le client : il reste 3 830 DH à verser par l'auto-entrepreneur lui-même. Le détail complet, avec votre propre chiffre d'affaires, s'obtient avec le simulateur auto-entrepreneur.

Obligations : déclaration, TVA et taxe professionnelle

La déclaration se fait auprès de l'organisme gestionnaire du registre national, selon une périodicité mensuelle ou trimestrielle choisie par l'auto-entrepreneur. Deux impôts restent en dehors de ce régime et suivent leurs propres règles : la TVA, dont les seuils de franchise obéissent aux articles 87 à 125 du CGI, et la taxe professionnelle (loi n°47-06), dont toute activité nouvellement créée est exonérée pendant cinq ans.

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Questions fréquentes

Qui peut devenir auto-entrepreneur au Maroc ?

Toute personne physique exerçant une activité à titre individuel, inscrite au registre national de l'auto-entrepreneur, et dont le chiffre d'affaires annuel encaissé reste sous le plafond de son activité : 500 000 DH pour le commerce, l'industrie ou l'artisanat, 200 000 DH pour les prestations de services (art. 42 bis du CGI). Certaines professions réglementées en sont exclues.

Quel est le taux d'imposition de l'auto-entrepreneur ?

0,5 % du chiffre d'affaires encaissé pour une activité commerciale, industrielle ou artisanale, et 1 % pour une prestation de services (art. 73-III du CGI). L'assiette est le chiffre d'affaires réellement encaissé dans l'année, sans déduction de charges.

Qu'est-ce que le droit complémentaire de l'auto-entrepreneur ?

Un montant fixe qui s'ajoute à l'impôt forfaitaire, déterminé par tranche selon le montant de cet impôt (art. 73-II-B-6° du CGI) — de 1 200 DH par an pour la première tranche à 14 400 DH pour la dernière. Il pèse relativement plus lourd sur les petits chiffres d'affaires.

Quand la retenue à la source de 30 % s'applique-t-elle ?

Lorsqu'un même client verse plus de 80 000 DH sur l'année à un auto-entrepreneur prestataire de services, la part au-delà de ce seuil subit une retenue à la source de 30 %, opérée directement par le client (art. 73-II-G-8° du CGI, note circulaire n°733). Cette part sort de la base soumise au taux forfaitaire.

Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond de chiffre d'affaires ?

Un dépassement isolé ne fait pas perdre le régime. C'est le dépassement répété deux années consécutives qui entraîne le basculement au régime du résultat net réel, à compter du 1er janvier de l'année suivante (art. 42 ter du CGI).

L'auto-entrepreneur doit-il facturer la TVA et payer la taxe professionnelle ?

Ce sont deux sujets indépendants du régime de l'auto-entrepreneur, qui ne règle que l'impôt sur le revenu. Les obligations de TVA dépendent des seuils de franchise du CGI (art. 87 à 125). La taxe professionnelle relève de la loi n°47-06 ; toute activité nouvellement créée en est exonérée pendant cinq ans.