Fiscalité Maroc

À jour du Code général des impôts 2026 — art. 42 bis, 42 ter et 73

Impôt sur le revenu · Régime de l'auto-entrepreneur

Simulateur auto-entrepreneur Maroc 2026

L'auto-entrepreneur n'est pas imposé sur son bénéfice mais sur son chiffre d'affaires encaissé : 0,5 % pour une activité commerciale, industrielle ou artisanale, 1 % pour une prestation de services (art. 73-III du Code général des impôts).

Ce simulateur part de ce que vous avez réellement encaissé dans l'année et vous rend le montant total à payer. Il enchaîne les trois éléments que le régime combine, et que l'on confond souvent : l'impôt forfaitaire assis sur le chiffre d'affaires, le droit complémentaire — un montant fixe qui s'ajoute à l'impôt selon la tranche dans laquelle celui-ci tombe — et la retenue à la source de 30 % qui frappe la part facturée à un même client au-delà de 80 000 DH sur l'année.

Le calcul se met à jour au fil de votre saisie, sans bouton ni envoi : rien ne quitte votre navigateur. Le résultat vous donne le total dû, le détail ligne par ligne, votre taux effectif d'imposition et le montant de vos versements selon que vous déclarez tous les mois ou tous les trimestres. Il signale également le franchissement du plafond de chiffre d'affaires propre à votre activité, qui conditionne le maintien dans le régime.

Votre activité

Ce que vous avez réellement encaissé, pas ce que vous avez facturé
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Services uniquement — laissez 0 si aucun client ne dépasse 80 000 DH

Total impôt annuel

8 330,00DH
Impôt forfaitaire (1 %) 1 550,00 DH
Droit complémentaire 2 280,00 DH
Taux effectif 4,90 %

Vous versez environ 129,17 DH par mois.

15 000,00 DH ont été facturés au-delà du seuil de 80 000 DH pour un même client. Cette part est retenue à la source par votre client au taux de 30 % — ce n'est pas à vous de la verser.

Le droit complémentaire est un montant forfaitaire qui s'ajoute à l'impôt calculé. Les exemples publiés par la DGI ne l'intègrent pas toujours dans leurs totaux, mais le texte du CGI le rend exigible. En cas de doute, rapprochez-vous de votre organisme de déclaration.

Détail du calcul, du chiffre d'affaires encaissé au total dû.
Chiffre d'affaires encaissé170 000,00
Part retenue à la source par le client 30 % de la part au-delà de 80 000 DH4 500,00
Base soumise au taux forfaitaire155 000,00
Impôt forfaitaire 1 % — prestations de services (art. 73-III)1 550,00
Droit complémentaire annuel (art. 73-II-B-6°)2 280,00
Total à payer8 330,00
Taux effectif d'imposition total ÷ chiffre d'affaires4,90 %

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Comment se calcule l'impôt de l'auto-entrepreneur au Maroc ?

Le calcul ne part pas d'un bénéfice. Il n'y a ni charges à déduire, ni amortissements, ni justificatifs de dépenses à produire : l'assiette est le chiffre d'affaires encaissé dans l'année, auquel s'applique directement un taux forfaitaire fixé par l'article 73-III du CGI. Ce taux vaut 0,5 % pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et 1 % pour les prestations de services. C'est la seule différence de traitement entre les deux catégories, avec le plafond de chiffre d'affaires qui conditionne l'accès au régime.

Deux précisions font toute la différence à l'usage. La première : ce qui compte est l'encaissement, pas la facturation. Une facture émise en décembre et réglée en février n'entre pas dans le chiffre d'affaires de l'année où elle a été émise. La seconde : l'impôt forfaitaire n'est pas le montant total à payer. Il faut lui ajouter le droit complémentaire, et tenir compte, le cas échéant, de la retenue à la source déjà opérée par un client important. Le simulateur ci-dessus enchaîne ces trois étapes dans l'ordre.

Qu'est-ce que le droit complémentaire de l'auto-entrepreneur ?

Le droit complémentaire est un montant fixe qui s'ajoute à l'impôt forfaitaire. Il ne se calcule pas en pourcentage : l'article 73-II-B-6° du CGI répartit les contribuables en tranches selon le montant d'impôt forfaitaire qu'ils doivent, et attache à chaque tranche un montant annuel, ainsi qu'un montant trimestriel pour ceux qui déclarent tous les trois mois.

Sa conséquence pratique est contre-intuitive : le droit complémentaire pèse d'autant plus lourd, relativement, que le chiffre d'affaires est faible. Sur un petit chiffre d'affaires, il représente l'essentiel de ce qui est dû, l'impôt forfaitaire ne pesant que quelques centaines de dirhams. C'est pourquoi le taux effectif affiché par le simulateur peut sembler élevé sur les premiers dirhams encaissés, alors même que le taux nominal n'est que de 0,5 % ou 1 %.

Ce point mérite une vérification de votre côté. Les exemples chiffrés publiés par l'administration n'intègrent pas systématiquement le droit complémentaire dans leurs totaux, alors que le texte du CGI le rend exigible. Le simulateur retient la lecture du texte et l'ajoute au total.

Que se passe-t-il si un seul client me verse plus de 80 000 DH ?

Au-delà de 80 000 DH facturés à un même client sur l'année, le régime change de mécanique pour la part excédentaire. Celle-ci ne relève plus du taux forfaitaire mais d'une retenue à la source de 30 %, prévue à l'article 73-II-G-8° du CGI et commentée par la note circulaire n° 733 accompagnant la loi de finances 2023. Cette retenue est opérée par le client lui-même, qui la verse au Trésor : elle ne transite pas par vous.

Le point à retenir est que la part ainsi retenue sort de la base soumise au taux forfaitaire. Le même dirham n'est jamais imposé deux fois. Le seuil s'apprécie client par client : trois clients à 70 000 DH chacun ne déclenchent rien, un client unique à 150 000 DH déclenche la retenue sur 70 000 DH. Le simulateur ne demande donc que le chiffre d'affaires réalisé avec votre plus gros client, et masque ce champ pour les activités commerciales, que la mesure ne concerne pas.

Quand et comment déclarer son chiffre d'affaires ?

La déclaration se fait auprès de l'organisme gestionnaire du registre national de l'auto-entrepreneur, selon une périodicité que vous choisissez : mensuelle ou trimestrielle. C'est ce choix qui détermine le rythme de vos versements, et le tableau de l'article 73-II-B-6° prévoit d'ailleurs, pour chaque tranche, un montant de droit complémentaire annuel et un montant trimestriel correspondant.

Le versement porte sur l'impôt forfaitaire calculé sur le chiffre d'affaires de la période, auquel s'ajoute le droit complémentaire. La part déjà retenue à la source par un client important n'a pas à être versée de nouveau : votre client s'en est chargé. Le simulateur affiche le montant du versement correspondant à la périodicité que vous sélectionnez.

Les dates limites de dépôt et les modalités pratiques d'inscription au registre national ne sont pas couvertes ici. Elles relèvent de l'organisme gestionnaire et des textes d'application, et non du calcul de l'impôt.

Exemple chiffré : 170 000 DH de prestations, dont 95 000 DH pour un seul client

Cet exemple reprend le cas traité par la note circulaire n° 733. Un prestataire de services encaisse 170 000 DH sur l'année, dont 95 000 DH auprès d'un client unique. Il reste sous le plafond de 200 000 DH applicable aux services, donc dans le régime.

Comme un seul client lui a versé plus de 80 000 DH, la part excédentaire — soit 15 000 DH — est retenue à la source à 30 %, ce qui représente 4 500 DH prélevés par le client. Ces 15 000 DH quittent la base soumise au taux forfaitaire, qui tombe à 155 000 DH. Le taux de 1 % donne alors 1 550 DH d'impôt forfaitaire. Ce montant détermine la tranche du droit complémentaire, qui s'établit à 2 280 DH pour l'année.

Décomposition du cas : 170 000 DH de prestations de services, dont 95 000 DH auprès d'un même client.
Chiffre d'affaires encaissé170 000,00
Part au-delà de 80 000 DH chez un même client 95 000 − 80 00015 000,00
Retenue à la source 30 % de 15 000 (art. 73-II-G-8°)4 500,00
Base soumise au taux forfaitaire 170 000 − 15 000155 000,00
Impôt forfaitaire 1 % de 155 000 (art. 73-III)1 550,00
Droit complémentaire annuel (art. 73-II-B-6°)2 280,00
Total supporté sur l'année8 330,00

Sur ces 8 330 DH, 4 500 DH ont déjà été prélevés par le client et ne sont pas à verser : restent 3 830 DH à acquitter par le contribuable lui-même. Le taux effectif ressort à 4,90 % du chiffre d'affaires, très au-dessus du taux nominal de 1 % — l'écart vient presque entièrement de la retenue à la source et du droit complémentaire.

Ce régime est-il le bon pour vous ?

Le régime de l'auto-entrepreneur n'est qu'une des façons d'être imposé au Maroc. Si vous êtes salarié, votre impôt suit le barème progressif et se calcule tout autrement : le simulateur de l'impôt sur le revenu traite ce cas, frais professionnels et cotisations sociales compris. Le cadre légal de l'impôt sur le revenu expose les six catégories de revenus et situe le régime de l'auto-entrepreneur parmi les autres régimes professionnels, dont la contribution professionnelle unique.

Deux impôts restent en dehors de ce calcul et méritent d'être vérifiés séparément : la TVA, dont les seuils de franchise obéissent à leurs propres règles, et la taxe professionnelle, dont toute activité nouvellement créée est exonérée pendant cinq ans.

Sources. Code général des impôts 2026 : article 42 bis (conditions d'accès au régime et plafonds de chiffre d'affaires), article 42 ter (perte du régime en cas de dépassement répété), article 73-III (taux forfaitaires de 0,5 % et 1 %), article 73-II-B-6° (droit complémentaire par tranche) et article 73-II-G-8° (retenue à la source de 30 % au-delà de 80 000 DH par client) ; note circulaire n° 733 relative à la loi de finances 2023, pour l'articulation entre la retenue à la source et la base forfaitaire. Les textes sont paraphrasés, jamais reproduits.

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Questions fréquentes

Qui peut bénéficier du régime de l'auto-entrepreneur au Maroc ?

Le régime est ouvert aux personnes physiques qui exercent une activité à titre individuel et dont le chiffre d'affaires annuel encaissé reste sous le plafond fixé pour leur activité : 500 000 DH pour une activité commerciale, industrielle ou artisanale, 200 000 DH pour une prestation de services (art. 42 bis du CGI). L'inscription au registre national de l'auto-entrepreneur conditionne le bénéfice du régime. Certaines professions, notamment celles qui relèvent d'un ordre ou d'une réglementation propre, en sont exclues.

Comment est calculée la retenue à la source de 30 % ?

Elle ne porte pas sur la totalité de vos recettes, mais uniquement sur la part facturée à un même client au-delà de 80 000 DH sur l'année. Cette part est taxée à 30 % et prélevée directement par le client, qui la verse au Trésor à votre place (art. 73-II-G-8° du CGI, note circulaire n° 733). Elle sort en contrepartie de la base soumise au taux forfaitaire, de sorte que le même dirham n'est pas imposé deux fois.

Le droit complémentaire est-il dû même sans chiffre d'affaires ?

Le tableau de l'article 73-II-B-6° du CGI rattache un droit complémentaire à chaque tranche d'impôt forfaitaire, et sa première tranche part de zéro : un impôt forfaitaire nul y correspond à un droit complémentaire de 1 200 DH par an. Le simulateur applique cette lecture du texte. Comme les exemples publiés par l'administration n'intègrent pas toujours ce droit dans leurs totaux, rapprochez-vous de votre organisme de déclaration avant de considérer ce montant comme définitif.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de chiffre d'affaires ?

Un dépassement isolé ne fait pas perdre le régime. C'est sa répétition qui compte : lorsque le plafond est dépassé deux années consécutives, le régime de l'auto-entrepreneur cesse de s'appliquer et le contribuable passe au régime du résultat net réel à compter du 1er janvier de l'année suivante (art. 42 ter du CGI). Le simulateur signale le dépassement mais poursuit le calcul, afin que vous puissiez mesurer l'écart.

L'auto-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?

Le régime de l'auto-entrepreneur règle l'impôt sur le revenu, pas la TVA : les deux sujets sont indépendants. Vos obligations en matière de TVA dépendent de la nature de votre activité et des seuils de franchise prévus aux articles 87 à 125 du CGI, que la page consacrée à la TVA détaille. Le simulateur ne calcule que l'impôt sur le revenu et ignore volontairement la TVA.

L'auto-entrepreneur paie-t-il la taxe professionnelle ?

La taxe professionnelle relève de la loi n° 47-06 et non du Code général des impôts : elle suit ses propres règles et n'entre pas dans ce calcul. Toute activité nouvellement créée en est exonérée pendant cinq ans, ce qui met la plupart des auto-entrepreneurs hors de son champ pendant leurs premières années. Passé ce délai, la question se pose selon la valeur locative des locaux professionnels utilisés.