Fiscalité Maroc

À jour du Code général des impôts 2026 — art. 19, 144 et 247

Impôt sur les sociétés · Outil de calcul

Simulateur IS Maroc 2026

L'impôt sur les sociétés se calcule à 20 %, 35 % ou 40 % selon la situation de la société — mais ce n'est pas toujours ce montant qui est exigible : la cotisation minimale peut le dépasser, et c'est alors elle qui s'applique.

Cet outil compare les deux montants et retient le plus élevé, comme le fait l'administration. Vous saisissez votre bénéfice net fiscal et la base de votre cotisation minimale ; il vous rend l'impôt réellement exigible, le montant de vos quatre acomptes provisionnels et votre taux effectif d'imposition. Un comparateur visuel montre lequel des deux montants l'emporte, et de combien.

C'est le point que le calcul rend visible : une société peut être déficitaire et redevable. La cotisation minimale se calcule sur les produits, pas sur le résultat, et son plancher reste dû même sans chiffre d'affaires. Seules les sociétés qui démarrent en sont temporairement dispensées, à deux conditions qui jouent ensemble. Le calcul se met à jour au fil de la saisie, sans bouton ni envoi : rien ne quitte votre navigateur. Pour le cadre légal complet — champ d'application, territorialité, taux particuliers, obligations déclaratives — la page impôt sur les sociétés le détaille article par article.

Votre société

Après retraitements ; saisissez un montant négatif en cas de perte
Ce n'est pas le bénéfice : chiffre d'affaires HT, autres produits d'exploitation, produits financiers et subventions reçues
Détermine le taux applicable
0 au démarrage de l'activité
Depuis l'immatriculation de la société

IS exigible

60 000,00DH

Retenu au titre de l'IS calculé sur le bénéfice

Taux d'IS appliqué 20,00 %
Cotisation minimale 6 000,00 DH
Taux effectif 20,00 %
IS calculé sur le bénéfice 60 000,00 DH
Cotisation minimale 6 000,00 DH

Soit 4 acomptes de 15 000,00 DH.

Les acomptes provisionnels sont versés en quatre fois. Le calcul affiché ici est une estimation basée sur l'impôt de l'exercice simulé ; les règles de calcul des acomptes pour un exercice donné dépendent de l'exercice de référence. Rapprochez-vous de votre expert-comptable.

Détail du calcul, du bénéfice net fiscal à l'impôt exigible.
Bénéfice net fiscal300 000,00
Taux d'IS applicable société de droit commun (art. 19-I)20,00 %
IS calculé sur le bénéfice60 000,00
Base de la cotisation minimale2 400 000,00
Cotisation minimale 0,25 % de la base (art. 144)6 000,00
IS exigible le plus élevé des deux60 000,00
Taux effectif d'imposition exigible ÷ bénéfice20,00 %

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Le simulateur affiche un impôt alors que mon exercice est en perte : est-ce normal ?

Oui, et c'est le fonctionnement normal de l'impôt sur les sociétés marocain. Les deux montants que compare l'outil ne se calculent pas sur la même chose. L'impôt sur le bénéfice suit votre résultat : à zéro ou en perte, il tombe à zéro. La cotisation minimale, elle, se calcule sur vos produits — ce qui est entré dans l'entreprise, indépendamment de ce qu'il en reste après charges. Une société qui a facturé toute l'année sans dégager de marge a donc une cotisation minimale non nulle et un impôt sur le bénéfice nul.

L'administration retient le plus élevé des deux. Quand votre résultat est négatif, le plus élevé est nécessairement la cotisation minimale, et elle devient l'impôt exigible. Le plancher va plus loin encore : même sans le moindre produit, il reste 3 000 DH à verser (art. 144 du CGI). Mettez le bénéfice et la base à zéro dans le simulateur, le résultat ne descendra pas en dessous — sauf si vous renseignez une société en phase de démarrage.

Comment savoir si c'est la cotisation minimale qui s'applique ?

Le comparateur placé sous le résultat répond d'un coup d'œil : la barre la plus longue est celle qui l'emporte, et l'outil la marque comme retenue. La bascule se produit quand votre marge devient faible par rapport à vos produits. En pratique, un bénéfice inférieur à un huitième de la base de cotisation minimale suffit à faire passer devant celle-ci, dans le cas général et au taux normal.

Le signe qui ne trompe pas est le taux effectif. Tant qu'il est égal au taux d'IS affiché, c'est l'impôt sur le bénéfice qui s'applique. Dès qu'il le dépasse, la cotisation minimale a pris le relais, et l'écart entre les deux mesure exactement ce que le plancher vous coûte au-delà du barème.

Quelle base de calcul retenir pour la cotisation minimale ?

C'est la saisie la plus souvent fautive, parce que le mot « base » induit en erreur. Il ne s'agit pas du bénéfice, ni du seul chiffre d'affaires. Retenez le montant hors taxe de vos produits d'exploitation, augmenté des produits financiers et des subventions et dons reçus. Une société de négoce qui achète et revend affiche ainsi une base élevée pour une marge mince : c'est le profil type de celles qui paient la cotisation minimale.

Un second réglage compte : la case « produits de première nécessité ». Elle abaisse le taux appliqué à cette base pour les entreprises commerciales qui vendent les produits limitativement énumérés par le texte. Elle ne modifie ni le taux d'IS, ni le plancher de 3 000 DH — uniquement le calcul de la cotisation minimale, dont le montant apparaît dans la ligne correspondante du détail.

À quoi correspondent les quatre acomptes affichés par le simulateur ?

L'IS ne se règle pas en une fois à la clôture : il se verse par avance, en quatre fractions égales réparties sur l'exercice. Le simulateur divise donc simplement l'impôt exigible par quatre, pour vous donner l'ordre de grandeur de chaque échéance.

C'est une estimation, et la nuance mérite d'être comprise : les acomptes d'un exercice se calculent en réalité sur l'impôt d'un exercice de référence, celui qui précède, et non sur l'impôt de l'exercice en cours, que personne ne connaît encore quand la première échéance tombe. Le chiffre affiché vaut donc pour anticiper la trésorerie de l'année suivante, pas pour remplir un formulaire. La régularisation intervient après la clôture, en fonction de l'impôt réellement dû.

Le cas le plus contre-intuitif : 400 000 DH de produits, aucun bénéfice, 3 000 DH à payer

Prenons une société de droit commun installée depuis plusieurs années. Son exercice se solde à l'équilibre exact : le bénéfice net fiscal est nul. Ses produits, eux, s'élèvent à 400 000 DH.

L'impôt sur le bénéfice est nul, puisqu'il n'y a pas de bénéfice. La cotisation minimale calculée sur les produits ressort à 1 000 DH — un montant inférieur au plancher légal. C'est donc le plancher qui s'applique, et l'impôt exigible s'établit à 3 000 DH, soit 750 DH par acompte.

Société établie, exercice à l'équilibre, 400 000 DH de produits.
Bénéfice net fiscal0,00
IS calculé sur le bénéfice 0 × 20 %0,00
Base de la cotisation minimale400 000,00
Cotisation minimale calculée avant application du plancher1 000,00
Plancher légal (art. 144)3 000,00
IS exigible3 000,00

Le même raisonnement vaut à l'identique pour une société en perte, et pour une société sans aucune activité : le plancher ne dépend ni du résultat, ni des produits. Il n'existe qu'une seule dispense, temporaire, réservée aux sociétés qui démarrent — et elle obéit à deux conditions qui jouent ensemble, détaillées dans la foire aux questions ci-dessous.

Ce que ce simulateur ne calcule pas

L'outil part du bénéfice net fiscal que vous saisissez et s'arrête là. Il ne fait ni les réintégrations ni les déductions extra-comptables, n'impute aucun déficit reportable des exercices antérieurs, et ne connaît aucun régime de faveur particulier : conventions d'investissement, exonérations sectorielles, régimes temporaires. Si vous partez d'un résultat comptable brut, le montant obtenu sera faux.

Trois autres obligations vivent en dehors de ce calcul. La TVA suit ses propres règles de déclaration et de déduction. La taxe professionnelle se calcule sur la valeur locative des locaux et non sur un résultat, et toute activité nouvellement créée en est exonérée pendant cinq ans. Enfin, si vous exercez à titre individuel plutôt qu'en société, ce n'est pas l'IS qui vous concerne : le simulateur auto-entrepreneur traite le régime forfaitaire assis sur le chiffre d'affaires encaissé.

Sources. Code général des impôts 2026 : article 19-I (taux de l'impôt sur les sociétés et règle des trois exercices consécutifs sous le seuil de 100 millions de dirhams), article 144 (cotisation minimale, base de calcul, plancher et exonération de démarrage) et article 247-XXXVII-A (période transitoire de convergence des taux) ; notes circulaires n° 733 relative à la loi de finances 2023 et n° 735 relative à la loi de finances 2024. Les textes sont paraphrasés, jamais reproduits.

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Questions fréquentes

Que dois-je saisir dans la base de la cotisation minimale ?

Ce n'est pas votre bénéfice, et c'est l'erreur de saisie la plus fréquente. La base à retenir est le montant hors taxe de vos produits d'exploitation, augmenté de vos produits financiers et des subventions et dons reçus (art. 144 du CGI). Une société qui dégage peu de marge peut donc afficher une base très supérieure à son résultat, et c'est précisément ce décalage qui fait basculer l'impôt sur la cotisation minimale.

Ma société vient d'être créée : la cotisation minimale s'applique-t-elle ?

Pas immédiatement, mais l'exonération obéit à deux conditions qui jouent ensemble. Elle vaut pendant les 36 premiers mois d'exploitation, et elle s'arrête dans tous les cas 60 mois après la constitution de la société. C'est la première des deux échéances atteintes qui met fin à l'exonération : une société constituée puis restée sans activité pendant quatre ans perd le bénéfice de l'exonération avant d'avoir épuisé ses 36 mois. Le simulateur demande les deux dates pour cette raison.

Pourquoi le simulateur retient-il 35 % alors que mon bénéfice est inférieur à 100 millions ?

Parce que vous avez coché la case indiquant que ce seuil a été atteint lors d'un des trois derniers exercices. Le taux majoré ne se quitte pas l'année où le bénéfice redescend : il faut que le bénéfice net fiscal reste sous les 100 millions de dirhams pendant trois exercices consécutifs pour revenir au taux normal (art. 19-I du CGI). Décochez la case si votre société n'a jamais franchi ce seuil.

Le résultat tient-il compte de mes déficits reportables ?

Non, et c'est une limite volontaire de l'outil. Le simulateur part du bénéfice net fiscal que vous saisissez : il suppose que les retraitements extra-comptables, les réintégrations, les déductions et l'imputation des déficits antérieurs ont déjà été faits en amont. Si vous partez d'un résultat comptable brut, le chiffre obtenu sera faux. Ces retraitements relèvent de votre expert-comptable.

Pourquoi mon taux effectif dépasse-t-il le taux d'IS affiché ?

Parce que ce n'est pas l'impôt calculé sur le bénéfice qui est exigible, mais la cotisation minimale, plus élevée. Le taux affiché dans le détail est celui du barème ; le taux effectif, lui, rapporte ce que vous payez réellement à votre bénéfice. Dès que la cotisation minimale l'emporte, le second dépasse mécaniquement le premier, et l'écart se creuse à mesure que le bénéfice se rapproche de zéro.

Une société CFC ou en zone d'accélération industrielle est-elle concernée par le taux de 35 % ?

Non : ces sociétés en sont exclues et restent au taux normal même lorsque leur bénéfice dépasse 100 millions de dirhams. Le simulateur applique cette exclusion dès que vous choisissez ce type de société. Attention toutefois, les établissements de crédit et les entreprises d'assurances ne relèvent pas de ce cas : ils sont exclus du régime et conservent leur propre taux, que le simulateur applique via le troisième choix de la liste.