Le barème de l'IR 2026
Le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux salaires en 2026 est fixé par l'article 73-I du Code général des impôts. Il comporte six tranches et s'applique au revenu net imposable annuel, jamais au salaire brut.
| Tranche de revenu annuel (DH) | Taux | Somme à déduire |
|---|---|---|
| 0 – 40 000 | 0 % | — |
| 40 001 – 60 000 | 10 % | 4 000 |
| 60 001 – 80 000 | 20 % | 10 000 |
| 80 001 – 100 000 | 30 % | 18 000 |
| 100 001 – 180 000 | 34 % | 22 000 |
| Au-delà de 180 000 | 37 % | 27 400 |
Les tranches et les taux sont ceux de l'article 73-I. La colonne « somme à déduire » ne figure pas dans le texte de loi : c'est un raccourci de calcul recalculé à partir des tranches, qui permet d'obtenir l'impôt en une seule multiplication au lieu de six.
Comment passer du salaire brut au revenu net imposable
Le barème ne s'applique pas au salaire brut. Deux déductions interviennent avant lui, et les confondre est la source d'erreur la plus fréquente.
Les frais professionnels
L'article 59-I-A du CGI accorde un abattement forfaitaire pour frais professionnels, sans justificatif à produire. Le taux est de 35 % lorsque le revenu brut annuel imposable ne dépasse pas 78 000 DH, et de 25 % au-delà de ce seuil. Dans les deux cas, la déduction est plafonnée à 35 000 DH par an. Ce plafond mord à partir de 140 000 DH de brut annuel : au-delà, l'abattement reste figé à 35 000 DH quel que soit le salaire.
Les cotisations sociales
La part salariale des cotisations sociales est déductible du revenu imposable. Elle se compose de la cotisation CNSS pour les prestations à long terme et de celle pour les prestations à court terme, toutes deux assises sur un salaire plafonné à 6 000 DH par mois, ainsi que de la cotisation AMO, calculée sur le salaire brut sans plafond. Ces taux relèvent de la réglementation de la CNSS et non du CGI ; ils sont regroupés dans un objet de configuration en tête du script du simulateur pour être mis à jour en une ligne.
Le revenu net imposable est donc : brut annuel − frais professionnels − cotisations sociales.
La méthode de calcul rapide expliquée
Il existe deux façons d'appliquer le barème, et elles donnent exactement le même résultat.
La méthode par tranche découpe le revenu net imposable et impose chaque part au taux de sa tranche : la première part de 40 000 DH à 0 %, la part comprise entre 40 000 et 60 000 DH à 10 %, et ainsi de suite. C'est la méthode qui explique l'impôt, et c'est celle qu'affiche le détail du simulateur ci-dessus.
La méthode rapide repère la tranche dans laquelle tombe le revenu, applique son taux à la totalité du revenu, puis retranche la somme à déduire correspondante. Pour un revenu net imposable de 200 000 DH : 200 000 × 37 % − 27 400 = 46 600 DH. La méthode par tranche donne le même chiffre, à l'unité près, parce que la somme à déduire n'est rien d'autre que le cumul des écarts de taux sur les tranches inférieures.
Exemple complet : salarié marié, deux enfants, 10 000 DH par mois
Prenons un salarié rémunéré 10 000 DH brut par mois sur douze mois, marié et père de deux enfants, soit trois personnes à charge.
| Salaire brut annuel 10 000 × 12 | 120 000,00 |
| Frais professionnels 25 % — brut > 78 000 (art. 59-I-A) | −30 000,00 |
| CNSS long terme 3,96 % sur 72 000 (assiette plafonnée) | −2 851,20 |
| CNSS court terme 0,52 % sur 72 000 | −374,40 |
| AMO 2,26 % sur 120 000 | −2 712,00 |
| Revenu net imposable | 84 062,40 |
| Barème tranche 30 % : 84 062,40 × 30 % − 18 000 (art. 73-I) | 7 218,72 |
| Réduction pour charge de famille 3 × 600 (art. 74) | −1 800,00 |
| IR annuel dû | 5 418,72 |
Soit 451,56 DH d'IR par mois. Les cotisations sociales représentant 494,80 DH par mois, le salaire net à payer s'établit à environ 9 053 DH. Le taux effectif d'imposition est de 4,5 % du brut, très loin des 30 % de la tranche marginale — c'est toute la différence entre taux marginal et taux effectif.
Les trois erreurs les plus fréquentes
1. Croire qu'une augmentation peut faire baisser le net
C'est l'erreur la plus répandue, et elle est fausse. Changer de tranche ne fait jamais baisser le salaire net. Le barème est progressif par tranche : seule la fraction du revenu qui dépasse le seuil est imposée au taux supérieur, jamais la totalité du revenu. Un salarié dont le revenu net imposable passe de 79 000 à 81 000 DH ne paie 30 % que sur les 1 000 DH situés au-dessus de 80 000 DH. Une augmentation se traduit toujours par un net supérieur.
2. Appliquer le barème au salaire brut
Le barème s'applique au revenu net imposable, après frais professionnels et cotisations. Sur un salaire de 10 000 DH par mois, l'écart entre les deux bases dépasse 35 000 DH par an : appliquer le barème au brut conduit à surestimer l'impôt de plus du double.
3. Oublier le plafond de l'assiette CNSS
Les cotisations CNSS sont calculées sur un salaire plafonné à 6 000 DH par mois. Au-delà de ce montant, elles n'augmentent plus. L'AMO, en revanche, suit le salaire brut sans plafond. Appliquer les trois taux au brut entier gonfle indûment les déductions et minore l'impôt calculé.
Le barème issu de la réforme de l'IR
Le barème appliqué aujourd'hui n'est pas né en une seule fois. Il résulte de la mise en œuvre progressive de la loi-cadre n° 69-19 portant réforme fiscale, déclinée par les lois de finances successives depuis 2023. Trois textes ont façonné le calcul de l'IR sur salaire tel qu'il figure sur cette page.
Le barème actuel vient de la loi de finances 2025
Le découpage en six tranches et le relèvement du seuil d'exonération à 40 000 DH par an ont été introduits par l'article 8 de la loi de finances n° 60-24 pour l'année budgétaire 2025, qui a modifié l'article 73-I du CGI. Sous le barème antérieur, la première tranche exonérée s'arrêtait à 30 000 DH.
Le taux marginal de 37 % applicable au-delà de 180 000 DH s'inscrit dans ce même article. Les tranches intermédiaires ont été élargies à cette occasion, ce qui allège mécaniquement l'impôt des revenus moyens.
Les frais professionnels viennent de la loi de finances 2023
L'abattement pour frais professionnels dans sa forme actuelle — 35 % jusqu'à 78 000 DH de revenu brut annuel imposable, 25 % au-delà, plafond de 35 000 DH — a été institué par la loi de finances pour l'année budgétaire 2023, qui a modifié l'article 59-I du CGI. Le taux forfaitaire était auparavant de 20 % et le plafond de 30 000 DH.
Ce que la loi de finances 2026 modifie
Sur le calcul de l'IR salarial, la loi de finances n° 50-25 pour l'année budgétaire 2026 intervient sur la réduction pour charge de famille de l'article 74 du CGI, fixée à 600 DH par personne à charge et par an, dans la limite de 3 600 DH. C'est le montant retenu par le simulateur ci-dessus.
Les rattachements de chaque mesure à sa loi de finances sont établis d'après les renvois figurant au bas des articles 59, 73 et 74 du Code général des impôts 2026. Pour le détail des mesures et leurs dates d'effet, se reporter à la note circulaire de la Direction générale des impôts relative à la loi de finances de l'exercice concerné.