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Fiscalité en bref · Droits d'enregistrement

Droits d'enregistrement au Maroc 2026 : taux, calcul et délais

L'achat d'un local construit au Maroc — appartement, maison, local commercial ou professionnel — est soumis à un droit d'enregistrement de 4 % du prix. L'acquisition d'un terrain nu est taxée à 5 %, celle d'un fonds de commerce à 6 %. Une donation entre parents et enfants, entre époux ou entre frères et sœurs bénéficie du taux réduit de 1,5 %. L'acte doit être enregistré dans un délai de 30 jours à compter de sa date (art. 127 à 135 du CGI).

Un minimum de perception de 100 DH s'applique à tout acte soumis au droit proportionnel.

Quel est le taux des droits d'enregistrement au Maroc ?

Opération Taux
Acquisition d'un local construit (habitation, commercial, professionnel, administratif)4 %
Acquisition d'un terrain nu ou d'un terrain avec constructions à démolir5 %
Cession de fonds de commerce ou de clientèle6 %
Bail de plus de dix ans, bail à vie ou à durée illimitée6 %
Cession de droit au bail (« pas-de-porte »)6 %
Première vente d'un logement social ou à faible valeur immobilière3 %
Vente de biens meubles ; titres constitutifs de propriété d'immeubles3 %
Donation en ligne directe, entre époux, entre frères et sœurs, ou dans le cadre d'une kafala1,5 %
Partage de biens entre copropriétaires, cohéritiers ou coassociés1,5 %
Cession d'actions de sociétés immobilières transparentes ou à prépondérance immobilière non cotées5 %
Cession de titres d'obligations ; quittances ; inventaires après décès1 %
Constitution ou augmentation de capital par apports nouveaux0,5 %
Marchés publics0,1 %

Une majoration de 2 % à connaître avant de signer. Elle s'applique aux mutations à titre onéreux d'immeubles ou de fonds de commerce dont le prix dépasse 300 000 DH, lorsque l'acte ne mentionne pas les modalités de règlement, ou lorsque le paiement n'emprunte pas l'une des modalités prévues à l'article 11-II du CGI. Si une partie seulement du prix est réglée en espèces, le droit supplémentaire ne frappe que cette fraction.

Le minimum de perception

Tout acte passible du droit proportionnel donne lieu à la perception d'au moins 100 DH. Ce minimum est porté à 1 000 DH pour les actes de constitution et d'augmentation de capital des sociétés et des groupements d'intérêt économique.

Exemple chiffré : achat d'un appartement à 800 000 DH

Un particulier achète un appartement à usage d'habitation pour 800 000 DH, réglés par virement bancaire mentionné dans l'acte.

Droit d'enregistrement 800 000 × 4 % = 32 000 DH

Majoration de 2 % Le prix dépasse 300 000 DH, mais les modalités de règlement figurent bien dans l'acte et le paiement est bancaire : aucune majoration.

Total dû : 32 000 DH, à acquitter dans les 30 jours de l'acte.

À titre de comparaison, si le même acte ne mentionnait pas les références du règlement, la majoration de 2 % ajouterait 16 000 DH, portant le total à 48 000 DH.

Quels actes doivent être enregistrés ?

L'enregistrement est obligatoire — même lorsque l'acte est nul pour vice de forme — pour les conventions écrites ou verbales portant sur :

Les mutations entre vifs, à titre gratuit ou onéreux : vente, donation ou échange d'immeubles immatriculés ou non, de droits réels immobiliers, de fonds de commerce ou de clientèle, ainsi que les cessions de parts de GIE, de parts et actions de sociétés non cotées et de sociétés immobilières transparentes.

Les opérations locatives : baux à rente perpétuelle, baux emphytéotiques, baux à vie ou à durée illimitée, cessions de bail, sous-locations d'immeubles ou de fonds de commerce, cessions de droit au bail.

Les actes de société : constitution, augmentation de capital, prorogation, dissolution, ainsi que tous actes modificatifs des statuts.

Les garanties et créances : constitution ou mainlevée d'hypothèque, cession de créance hypothécaire, nantissement, antichrèse, cessions de créances, obligations et reconnaissances de dettes.

Les marchés publics et les conventions de travaux, fournitures ou services conclues pour le compte de l'État, des établissements publics ou des collectivités territoriales.

S'y ajoutent les actes notariés et adoulaires, les décisions de justice passibles du droit proportionnel, et les ventes de produits forestiers.

Les actes non visés ci-dessus peuvent être enregistrés sur option, à la demande de l'une des parties.

Dans quel délai faut-il enregistrer un acte ?

Le délai de droit commun est de 30 jours, à compter de la date de l'acte pour les conventions obligatoirement assujetties, les procès-verbaux de vente de produits forestiers et les procès-verbaux d'adjudication. Pour les actes établis par les adoul, le délai court à compter de la réception de la déclaration des parties.

Un délai de 3 mois s'applique aux actes de libéralité pour cause de mort, décompté du décès du testateur, ainsi qu'aux ordonnances, jugements et arrêts, décomptés de leur date.

Sur quelle valeur les droits sont-ils calculés ?

La règle générale retient le prix exprimé augmenté des charges. Plusieurs situations obéissent à des règles propres :

Les principales exonérations

Actes d'intérêt public — acquisitions d'immeubles par des États étrangers pour leur représentation diplomatique sous condition de réciprocité, actes relatifs au recouvrement forcé des créances publiques, actes pris en application de la loi n° 7-81 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique.

Actes concernant l'État, les Habous et les collectivités territoriales — acquisitions et échanges au profit de l'État, constitutions de biens Habous, acquisitions d'immeubles par les collectivités destinés à l'enseignement public, à l'assistance sociale ou aux travaux d'urbanisme.

Actes d'intérêt social — contrats de louage de services constatés par écrit, acquisitions d'immeubles par les associations à but non lucratif s'occupant de personnes handicapées, actes des organismes de bienfaisance reconnus, actes d'acquisition par les bénéficiaires des programmes « Villes sans bidonvilles » et « Bâtiments menaçant ruine », baux conclus verbalement.

Opérations de crédit — les actes constatant les crédits accordés par les établissements de crédit régis par la loi n° 103-12, les crédits immobiliers consentis par une entreprise à ses salariés pour leur habitation principale, et les avances en comptes courants d'associés.

Les droits fixes

Certains actes échappent au droit proportionnel et supportent un droit forfaitaire.

1 000 DH — constitutions et augmentations de capital réalisées par apport pur et simple lorsque le capital souscrit ne dépasse pas 500 000 DH ; opérations de transfert et d'apport visées aux articles 161 bis et 161 ter du CGI.

200 DH — testaments et révocations de testaments ; baux et locations d'immeubles ou de fonds de commerce ; résiliations pures et simples intervenues dans les 24 heures ; marchés réputés actes de commerce ; renonciations au droit de chefaâ ; actes de caution et d'hypothèque garantissant un crédit bancaire, et leurs mainlevées ; contrats de crédit-bail, Mourabaha et Ijara Mountahia Bitamlik ; actes de la vente en l'état futur d'achèvement (contrat de réservation, contrat préliminaire, versements, résiliations) ; promesses de vente ou d'achat établies par notaire, adoul ou avocat agréé.

À quoi sert l'enregistrement ?

C'est une formalité, pas seulement un impôt. Elle donne date certaine aux actes sous seing privé par leur inscription au registre des entrées, et en assure la conservation.

À l'égard du Trésor, l'enregistrement fait foi de l'existence de l'acte et de sa date, réputés exacts jusqu'à preuve contraire. Entre les parties, en revanche, il ne constitue ni une preuve complète, ni même un commencement de preuve par écrit — une nuance souvent mal comprise.

La territorialité

Sont soumis à la formalité les actes établis au Maroc, ceux passés à l'étranger portant sur des biens ou opérations dont l'assiette est au Maroc, et ceux passés à l'étranger produisant leurs effets au Maroc. Ont une assiette au Maroc : les biens et droits situés ou exploités au Maroc, les créances dont le créancier y est domicilié, les valeurs mobilières dont l'émetteur y a son siège, et les actes de sociétés dont le siège s'y trouve.

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Questions fréquentes

Combien coûtent les droits d'enregistrement pour l'achat d'un appartement au Maroc ?

Le taux est de 4 % du prix d'acquisition pour un local construit, qu'il soit à usage d'habitation, commercial, professionnel ou administratif. Pour un appartement à 800 000 DH, les droits s'élèvent donc à 32 000 DH.

Quelle est la différence entre un terrain nu et un local construit ?

Un terrain nu, ou comportant des constructions destinées à être démolies, est taxé à 5 %. Un local construit l'est à 4 %. La qualification du bien dans l'acte a donc un effet direct sur le montant dû.

Quel est le taux pour une donation entre parents et enfants ?

Les cessions à titre gratuit d'immeubles, de fonds de commerce ou de parts sociales bénéficient du taux réduit de 1,5 % lorsqu'elles interviennent en ligne directe, entre époux, entre frères et sœurs, ou entre la personne assurant la kafala et l'enfant pris en charge.

Dans quel délai faut-il enregistrer un acte de vente ?

Trente jours à compter de la date de l'acte. Ce délai est porté à trois mois pour les actes de libéralité pour cause de mort et pour les décisions de justice.

Qu'est-ce que la majoration de 2 % sur les ventes immobilières ?

Elle frappe les mutations à titre onéreux d'immeubles ou de fonds de commerce dont le prix dépasse 300 000 DH, lorsque l'acte ne mentionne pas les modalités de règlement ou lorsque le paiement n'a pas emprunté l'une des modalités prévues par le CGI. Quand une partie seulement du prix est payée en espèces, la majoration ne s'applique qu'à cette fraction.

Existe-t-il un montant minimum de droits à payer ?

Oui, 100 DH pour tout acte soumis au droit proportionnel, porté à 1 000 DH pour les constitutions et augmentations de capital de sociétés et de groupements d'intérêt économique.