Dossier mis à jour au 1er janvier 2026 selon les dispositions du Code Général des Impôts (CGI 2026). Vérifié par la rédaction de Fiscalité Maroc.
Le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux salaires et aux revenus professionnels au Maroc est fixé par l'article 73-I du Code général des impôts, tel que modifié par l'article 8 de la loi de finances n° 60-24 pour l'année budgétaire 2025. Ce guide détaille les six tranches, explique la différence d'usage entre barème mensuel et barème annuel, et revient sur l'évolution récente du barème pour comprendre d'où viennent les seuils actuels.
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Le barème IR 2026 : tableau complet
Le barème 2026 comporte six tranches, appliquées au revenu net imposable annuel — jamais au revenu brut. La colonne « somme à déduire » ne figure pas dans le texte de loi : c'est un raccourci de calcul qui permet d'obtenir l'impôt en une seule opération plutôt qu'en imposant séparément chaque tranche.
| Tranche de revenu annuel (DH) | Taux | Somme à déduire |
|---|---|---|
| 0 – 40 000 | 0 % | — |
| 40 001 – 60 000 | 10 % | 4 000 |
| 60 001 – 80 000 | 20 % | 10 000 |
| 80 001 – 100 000 | 30 % | 18 000 |
| 100 001 – 180 000 | 34 % | 22 000 |
| Au-delà de 180 000 | 37 % | 27 400 |
Exemple : pour un revenu net imposable de 95 000 DH, la tranche applicable est celle de 30 % (80 001 à 100 000 DH). L'impôt se calcule ainsi : 95 000 × 30 % − 18 000 = 10 500 DH.
Barème mensuel vs annuel : comment les utiliser
Les taux sont identiques dans les deux cas — ce qui change, c'est la période de référence et donc les seuils en dirhams.
Cas des salariés (retenue à la source mensuelle)
L'employeur retient l'IR chaque mois, sur la paie. Pour que la somme des retenues mensuelles corresponde à l'impôt annuel dû, les seuils du barème annuel sont ramenés à une base mensuelle en les divisant par douze. C'est un simple changement d'échelle : les taux ne bougent pas.
| Tranche de revenu mensuel (DH) | Taux |
|---|---|
| 0 – 3 333 | 0 % |
| 3 334 – 5 000 | 10 % |
| 5 001 – 6 667 | 20 % |
| 6 668 – 8 333 | 30 % |
| 8 334 – 15 000 | 34 % |
| Au-delà de 15 000 | 37 % |
Ce découpage mensuel est un outil pratique de paie, pas une disposition distincte du CGI : le texte de loi ne fixe que le barème annuel. Un revenu qui varie d'un mois à l'autre (prime, heures supplémentaires) peut donc voir sa retenue mensuelle fluctuer sans que cela change l'impôt annuel réellement dû, qui se calcule toujours sur le revenu net imposable de l'année entière.
Cas des professionnels (déclaration annuelle)
Les titulaires de revenus professionnels imposés au résultat net réel ou simplifié ne subissent pas de retenue mensuelle : ils appliquent directement le barème annuel à leur revenu net imposable de l'année, lors du dépôt de leur déclaration. Il n'y a donc pas lieu, pour eux, de raisonner en seuils mensuels.
Le seuil exonéré de 40 000 DH : qui en bénéficie ?
Le seuil de 40 000 DH s'applique au revenu net imposable, c'est-à-dire après déduction des frais professionnels et des cotisations sociales pour un salarié. Cela signifie qu'un salaire brut annuel sensiblement supérieur à 40 000 DH peut rester totalement exonéré, une fois ces déductions retirées.
Pour un salarié célibataire sans personne à charge, l'IR calculé reste nul jusqu'à un salaire brut mensuel d'environ 5 700 DH, les frais professionnels et les cotisations sociales absorbant à eux seuls une part significative du brut dans le bas du barème. Ce chiffre varie selon la situation familiale et le nombre de mois de paie.
Les titulaires de revenus professionnels, agricoles ou fonciers bénéficient du même seuil de 40 000 DH, mais appliqué à leur revenu net imposable propre, calculé selon les règles de leur catégorie.
Méthode de calcul rapide (somme à déduire)
Il existe deux façons d'appliquer le barème, qui donnent rigoureusement le même résultat :
- la méthode par tranche découpe le revenu net imposable et impose chaque part au taux de sa tranche ;
- la méthode rapide repère la tranche du revenu total, lui applique son taux, puis retranche la somme à déduire correspondante.
La méthode rapide est celle utilisée dans la pratique de la paie, car elle ne demande qu'une seule multiplication et une soustraction. Pour le détail complet du calcul, frais professionnels et cotisations sociales inclus, voir le guide formule de calcul de l'IR sur salaire.
La somme à déduire n'est pas un cadeau fiscal distinct : c'est simplement le cumul des écarts de taux sur les tranches inférieures, recalculé pour chaque palier. Pour la tranche à 20 % par exemple, appliquer 20 % à la totalité du revenu imposerait à ce taux la première tranche de 40 000 DH, qui doit en réalité rester à 0 %, ainsi que la tranche de 40 001 à 60 000 DH, qui doit rester à 10 % : la somme à déduire de 10 000 DH corrige exactement cet écart. C'est pourquoi les deux méthodes — par tranche et rapide — donnent toujours un résultat strictement identique, au centime près.
Pourquoi un barème progressif plutôt qu'un taux unique ?
Le choix d'un barème par tranches, plutôt que d'un taux proportionnel unique, répond à un principe d'équité fiscale : plus le revenu net imposable est élevé, plus la part marginale supplémentaire est taxée fortement, sans jamais faire basculer l'ensemble du revenu dans la tranche supérieure. Un salarié dont le revenu net imposable passe de 79 000 à 81 000 DH ne voit taxés à 30 % que les 1 000 DH qui dépassent 80 000 DH — le reste de son revenu continue de supporter les taux des tranches inférieures. C'est cette mécanique qui explique pourquoi le taux effectivement supporté (l'impôt total rapporté au revenu total) reste toujours inférieur au taux marginal de la dernière tranche atteinte, parfois de façon très significative dans le bas et le milieu du barème.
Historique : l'évolution du barème
Le barème appliqué en 2026 résulte d'une réforme récente. Sous le barème antérieur à 2025, la première tranche exonérée s'arrêtait à 30 000 DH et le taux marginal le plus élevé atteignait 38 %. Un revenu net imposable de 35 000 DH, aujourd'hui totalement exonéré, aurait donc généré un impôt sous l'ancien barème.
L'article 8 de la loi de finances n° 60-24 pour l'année budgétaire 2025 a modifié l'article 73-I du CGI sur deux points principaux : le relèvement du seuil exonéré à 40 000 DH, et l'abaissement du taux marginal à 37 %. Les tranches intermédiaires ont également été élargies, ce qui allège mécaniquement l'impôt des revenus moyens par rapport au barème antérieur. Cette réforme s'inscrit dans la mise en œuvre progressive de la loi-cadre n° 69-19 portant réforme fiscale, dont l'objectif affiché est d'alléger la pression fiscale sur les revenus salariaux moyens tout en maintenant la progressivité de l'impôt sur les tranches les plus élevées. Ce barème réformé reste celui en vigueur pour l'exercice 2026, sans changement annoncé sur les seuils ou les taux eux-mêmes pour cet exercice.
Cette évolution illustre un mouvement de fond : depuis plusieurs exercices budgétaires successifs, les lois de finances marocaines ont cherché à recentrer l'effort fiscal sur les tranches supérieures tout en dégageant les revenus les plus modestes de toute imposition. Le barème 2026, avec son seuil à 40 000 DH, constitue à ce jour l'aboutissement le plus favorable de cette trajectoire pour les revenus d'entrée de barème.
Pour le détail des mesures et leurs dates d'effet précises, se reporter à la note circulaire de la Direction générale des impôts relative à la loi de finances de l'exercice concerné.
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